/ fr

Qu'est-ce que la paracha ?

La Bible comme elle a été étudiée au temps du Christ

Les cinq premiers livres de la Bible hébraïque (la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome, ensemble que l’on appelle Torah), sont lus tout au long de l’année juive, chaque shabbat. Pour cela, on a divisé le texte de ces livres en cinquante-quatre extraits, les parashot. Ces cinquante-quatre sections couvrent l’ensemble de l’année qui est structurée par un calendrier solaire et lunaire. L’année simple compte douze mois. Sept fois dans un cycle de dix-neuf ans, un treizième mois est ajouté, le deuxième Adar, de manière à ce que les fêtes tombent toujours à la même saison. L’année lunaire étant plus courte que l’année solaire de onze jours, il faut ajouter ce mois pour que les fêtes tombent aux saisons correspondantes. Ainsi la Pâque tombera toujours au printemps. Pour lire l’ensemble de la Torah en une année comptant treize mois, il fallait cinquante-quatre parashot. Les années simples ne comptant que douze mois, on lit deux parashot ensemble certains shabbat.

La division du texte en chapitres est venue plus tard du christianisme, et a été aussi adoptée par la tradition juive, car elle permet de se repérer plus facilement dans une édition imprimée du texte biblique. Le premier mot (ou l’un des premiers) du verset qui débute la parasha donne le nom de cette section. Ainsi, la première d’entre elle commence en hébreu par le mot « au commencement » (Bereshit), titre du livre de la Genèse. Chaque shabbat à la synagogue, on lit l’intégrité de la parasha, suivie d’une haftara, court passage extrait de l’un des livres prophétiques reprenant l’un des thèmes de la lecture qui vient d’être faite dans le livre de la Torah. En semaine, ce sont les lundis et les jeudis que l’on va lire à l’office du matin une dizaine des premiers versets de la parasha du shabbat à venir. L’habitude d’une lecture publique a été prise depuis l’Antiquité, car les gens se rendaient alors dans les marchés et les tribunaux réunis ces jours-là.

Il est parfois d’usage, chez les Juifs orthodoxes, de dater des lettres ou des événements avec le nom de la parasha de la semaine, qui sert aussi à désigner le shabbat. On parle par exemple, de « Shabbat Noah », ou de « Shabbat Ki Tissa »…

Le cycle des lectures se termine et commence à la fête de Simhat Torah, qui conclut les célébrations des fêtes d’automne dans l’année juive.

Le découpage du texte, qui fait lui-même l’objet de commentaires, a été établi, selon la tradition, par le scribe Esdras, au retour des exilés de Babylone. D’après le Talmud, c’est Moïse qui a institué cette organisation du texte, et qui a fixé les trois lectures hebdomadaires, plaçant ainsi la lecture de la Torah au centre de la vie liturgique.

Les parashot font l’objet de très nombreux commentaires, qui ont parfois recours aux méthodes exégétiques de la tradition juive, comme le Midrash ou l’intertextualité, qui consiste à confronter des versets contenant les mêmes termes pour en tirer du sens. La variété des commentaires témoigne de la richesse du texte, et de la créativité de ceux qui l’interprètent sans fin.